Franchement! C’est quoi ce discours inaugural nous vantant l’éducation comme priorité? Ben voyons donc! À quoi ont-ils donc pensé??
Wow! Bravo pour la vraie priorité! Tous les profs et toutes les écoles vont être à la fine pointe de la technologie, les enfants québécois seront dorénavant tous bilingues, ils sauront vouvoyer leurs enseignants mais ils ne seront pas meilleurs pour écrire et parler leur langue maternelle, ils ne seront pas meilleurs dans les autres matières non plus… mais ça, ce n’est pas grave.
Nous, les enseignants, passons notre temps à dire que nos élèves sont de plus en plus hypothéqués, qu’ils réussissent moins bien chaque année depuis l’implantation de la réforme des compétences. Lui, notre merveilleux premier ministre, dit qu’il va donner la moitié moins de temps aux enfants âgés de 11, 12 ans d’apprendre tout ce qu’ils auraient pu apprendre en dix mois.
J’enseigne en cinquième année et selon la classe actuelle que j’ai, plus de la moitié de mes élèves ne pourrait réussir une sixième année en seulement cinq mois sans hypothéqués leur avenir scolaire.
J’ai déjà enseigné la partie “académique” à des élèves de sixième année vivant le projet intensif d’anglais. Il est bon de rappeler que ces élèves étaient choisis selon leur rendement scolaire et leur comportement. La majorité des écoles vivant ce projet choisissent les élèves qui auront droit à ce type d’enseignement. Cette façon de faire, même si je suis contre un élitisme, est viable que pour des enfants pouvant réussir en cinq mois d’enseignement.
Mais bon, ne paniquons pas pour rien. Pour ce projet, ce n’est pas demain la veille. Nous avons déjà un manque criant d’enseignants d’anglais. Les enseignants de sixième année ne sont certainement pas très chauds à l’idée de voir leur tâche diminuée de moitié… ainsi que leur salaire. Pour ce faire, il faudrait rouvrir les conventions alors qu’elles sont à peine signées. Non, oubliez ça! Ce n’est pas dans ce mandat qu’un tel projet verra le jour. Et pour ce qui est du côté technologique, où va-t-il prendre l’argent? M. Charest et sa ministre des finances, quelle qu’elle soit, ne cessent de dire qu’ils n’ont pas les ressources financières nécessaires pour fournir les effectifs minimums pour aider les enfants en difficulté d’apprentissage ni pour alléger nos classes très lourdes.
Encore un paquet de paroles envoyé en l’air pour tenter de redorer son image… sauf qu’avec moi, ça ne fonctionne vraiment pas.
Hey, t’as recommencé à écrire !! C’est l’fun !!
Je vais donc pouvoir te remettre dans mon blogroll !!
Par vegekat le 1 mars 2011
à 13:44
Je suis enseignant en France et c’est en découvrant ce billet que j’ai compris que tu vis au Québec !! Et bien je te rassure les probèmes de l’éducation sont les mêmes partout.
En France aussi nous allons de réforme en réforme qui visent toutes, sous couvert d’efficacité, à réduire avant tout les dépenses publiques, au détriment des connaissances essentielles aux enfants, à commencer par ce qui me semble incontournable : avoir face à eux des adultes (pas leurs parents) qui leur fixent des règles et leur montrent qu’ils sont capables de faire quelque chose d’eux-mêmes.
Or ceci demande des ressources HUMAINES, des personnes présentes devant les classes avant tout.
Depuis que l’éducation est considérée comme un grand marché, elle ne s’est jamais portée aussi mal.
Par Cdwiks le 3 juillet 2011
à 02:41