Lintrigante’s Weblog











{13 mars 2008}   Vive la neige!!!

Oui, j’en veux encore et encore!!  Ben là, par contre, il faut que dès la fin avril, que ça arrête pour permettre à toute cette neige de fondre avant que l’école soit terminée.

Vous vous demandez certainement pourquoi je veux encore de la neige alors que même les plus friands de l’hiver en ont ras le bol?  La raison est bien simple, c’est que ça me donne des congés payés supplémentaires!  N’est-ce pas merveilleux?

Bien oui, on est en congé forcé demain parce que des toits d’école menacent de s’effondrer sous le poids de la neige.  Même chez nous, on a eu peur.  À certains endroits, sur la toiture, il y a jusqu’à plus de 8 pieds de neige!

Bref, avec les trois tempêtes qu’on a eu en congé et cette journée de déneigement de toitures, je suis bien contente qu’il y ait autant de neige.  Je suis prête à en accueillir d’autres.  Alors pour le corbeau que ma soeur a vu et qui est sensé annoncer le printemps, il peut bien retourner d’où il vient pour encore un mois et demi…



{12 mars 2008}   Domaine en souffrance

Aujourd’hui, j’avais une journée de formation qui avait pour but de me donner des outils afin d’aider le mieux possible des stagiaires qui pourraient être de passage dans ma classe.

Pour débuter la journée, à tour de rôle, nous nous présentions en nous nommant, ainsi que l’école dans laquelle nous travaillons, notre niveau et/ou spécialité d’enseignement.  Certains ajoutaient même un peu pourquoi ils venaient à cette formation. 

Le premier à donner les raisons de sa présence est un enseignant avec plusieurs années d’expérience en tant que spécialiste en éducation physique.  Il a déjà eu un bon nombre de stagiaires qui sont passés dans son gymnase.  Bref, il sait c’est quoi.  Par contre, il a de plus en plus de questions face à la nouvelle génération de stagiaires qui sont beaucoup moins “engagés” dans leurs apprentissages, leur stage et leur future profession.  Il voit de plus en plus de “puncheux”.  Quand on connaît le milieu de l’enseignement, on sait toujours à quelle heure on entre mais rarement à quelle heure on finit.

Second commentaire:  une enseignante a reçu une stagiaire qui était supposée rester dans sa classe pendant 6 semaines avec 3 semaines de prise en charge complète (elle en est à sa 3è année de formation).  Elle a abandonné au bout d’une semaine.  Ce qu’elle croyait venir chercher en enseignement c’est: un bon salaire, de grosses vacances… mais sans que ce ne soit trop demandant comme boulot.  Elle a déchanté assez vite, merci!  Elle a donc trouvé que le salaire et les congés que nous avions n’étaient vraiment pas suffisants pour combler tout le boulot que nous abattons chaque jour.

Troisième commentaire:  9% des étudiants de l’UQAM qui étudient pour enseigner l’anglais, langue seconde ont fini leur formation.  Les autres ont abandonné ou échoué (ils auraient surtout abandonné).  Je ne pense pas que ça va être demain que nos enfants vont devenir bilingues grâce à l’école.

Quatrième commentaire et dès maintenant, ce ne sera plus une légende urbaine mais un fait:  lorsque les enseignants (surtout au secondaire pour l’instant) s’absentent, ceux qui les remplacent n’ont aucune formation en enseignement.  Certains n’ont qu’un collégial dans un domaine “connexe”.  Bientôt, ce seront des immigrants chinois qui enseigneront le français dans nos écoles secondaires.

Nous sommes dans un creux de vague de la relève enseignante, ça m’inquiète.  Est-ce moi qui suis folle de rester dans un tel milieu?

Pour finir sur une note positive, parmi nous, il y avait un enseignant d’éducation physique du secondaire très joli qui parlait rarement, mais quand il disait de quoi c’était très songé.  On s’est donc un peu amusé en lui disant qu’il n’était pas mal pour un prof de ballons.



{4 mars 2008}   Échéances

Dans l’enseignement, dans une même école, tous les enseignants ne vivent pas tous la même chose dans une même année. Certains d’entre eux ont une classe plus “facile”, d’autres une classe “pas trop pire, faut juste tenir la vis bien serrée” et d’autres qui en ont une “atroce, même en serrant la vis, il n’y a rien à faire”.

Pour les enseignants de cette dernière catégorie, il y a deux phrases qui leur sont dites assez régulièrement… un peu trop même. Je vous jure que la prochaine fois que j’aurai une de ces dites classes, si quelqu’un me dit une, ou pire, ces deux phrases; il va vraiment apprendre à me connaître et je sens que plusieurs autour vont en être témoin.

Ces deux phrases sont: – Courage, il ne reste que x mois.
– On va tous arriver au 20 juin en même temps.

Oui, c’est certain qu’il ne reste que x mois et c’est certain que tous les enseignants vont arriver à la fin de l’année en même temps. Mais s’il reste 3 mois pour moi, il en reste autant pour l’autre. Sauf que si j’ai une classe atroce et qu’elle a une classe facile ou pas trop pire, je risque de trouver les 3 mois plus longs qu’elle. Puis, quand la fin de l’année scolaire va enfin sonner, je ne serai certainement pas dans le même état qu’elle non plus.

Il y a de ces commentaires qu’il vaut mieux taire. Si tu ne sais pas quoi dire, ne dis rien et écoute, c’est tout… ça va quand même faire du bien à l’autre.



Aujourd’hui était ma première journée de travail après une semaine de relâche. Déjà, je suis HYPER frustrée. Non, je ne suis pas frustrée. Je suis plutôt écoeurée. Et quand je dis écoeurée, je ne veux pas dire tannée, fatiguée. Non, je reviens au travail après une semaine de repos et ma journée d’enseignement s’est plutôt bien passée. Non, quand je dis écoeurée, je veux dire dégoûtée et de beaucoup.

Je vous ai déjà parlé d’une collègue qui a un groupe atroce, non, deux élèves qui lui siphonnent énormément d’énergie. Vous vous souviendrez qu’elle n’a pu envoyé l’un d’eux dans une classe spéciale parce que l’école qui devait le recevoir est en crise interne (Les profs tombent comme des mouches parce qu’ils ont des cas psychiatriques). Vous vous souviendrez qu’on lui a dit: “Courage, ma belle. Il ne reste que 5 mois. T’es capable.” C’est le seul soutien auquel elle a eu droit. Eh bien, elle n’est pas entrée aujourd’hui. Ce n’est pas sûr encore, mais probablement qu’elle va mettre quelques semaines avant de revenir. Ça m’horipile! Comment peut-on mettre des êtres vivants aussi à bout? Cette enseignante est super bonne et elle souffre terriblement, pouvez-vous imaginer ce que l’enfant vit jour après jour, année après année et qu’on ne lui apporte aucun soutien. Bref, ça me lève le coeur… réellement.

Puis, en fin de journée, j’apprenais une mauvaise nouvelle me concernant personnellement ainsi que mes élèves. Cette année, j’enseigne à un groupe d’élèves qui ont été combinés. J’ai des élèves de niveau 5è année et j’en ai d’autres qui sont de niveau 6è année. Pour trois ans, les écoles qui ont ce qu’on appelle des classes-cycle ont droit à un budget supplémentaire pour acheter du matériel particulier puisqu’on ne peut utiliser celui présent en classe.

Pourquoi? Tout simplement parce que si je veux enseigner à toute ma classe en même temps en ne diminuant mes exigences que pour mes élèves de cinquième année, je ne peux utiliser le matériel des 5è puisque mes élèves de 6è l’ont déjà fait. Je ne peux pas non plus utiliser le matériel des 6è puisque mes élèves de 5è l’utiliseront l’an prochain.

Donc, pour cette raison, je dois faire des achats en plus de ceux que je fais annuellement pour les différents projets que nous vivrons dans l’année. Cela fait maintenant presqu’un an qu’on me promet que j’aurai un budget de près de 1000$ pour toutes ces dépenses supplémentaires. L’année est commencée depuis août 2007 et nous venons de recevoir ledit budget. Mais il n’est pas au montant annoncé. Non, je n’ai droit qu’au tiers de ce qu’on m’avait promis. Plus exactement, j’ai reçu 337.95$.

Pour pouvoir commencer mon année, je n’ai pas attendu jusqu’à aujourd’hui pour l’achat de manuels et de cahiers. Eh bien, je suis dans le rouge d’au moins 275$ et l’année n’est pas terminée! Je vous jure que j’ai “jumpé” pas rien qu’à peu près quand j’ai appris la nouvelle sur “Post-it”. J’ai quelques gros projets amorcés qui me coûteront des sous, je ne sais absolument pas où je vais les prendre. Certainement pas de ma poche en tout cas!!!

C’est très simple comment je me sens présentement. J’ai l’impression que le monde entier a abandonné les enseignants du Québec. Depuis que la réforme est entrée dans le milieu, on ne cesse de nager en eaux de plus en plus troubles et je n’ai pas l’impression que ça va s’arranger de sitôt.

Si bien que si je le pouvais, j’irais aujourd’hui dans le grand nord québécois. Leurs problèmes, eux, sont véridiques. Nous, on se les occasionne par nous-mêmes, par manque de volonté.

J’aime encore beaucoup enseigner, mais tout ce qu’il y a autour me dégoûte à un point tel que je me demande sérieusement combien de temps je vais pouvoir encore tenir.



{1 mars 2008}   Cellulaire et volant

C’est probablement moi qui ne suis pas normale, mais je crois fermement que cellulaire et volant ne vont pas de paire.  Personnellement, je trouve que c’est dangereux car encombrant.  Je m’explique… Déjà moi-même, sans téléphone aucun, lorsque j’ai de la compagnie dans ma voiture, et que je dois faire un changement de voie et que la circulation est dense, si nous sommes en pleine discussion, je vais dire à mon passager d’attendre quelques secondes car je dois absolument me concentrer sur ma conduite pour éviter un accrochage ou un accident.  Donc si j’ai un cellulaire, je trouve difficile de dire à mon interlocuteur “une minute”, de déposer mon téléphone, d’effectuer ma manoeuvre (si je dois tourner un coin de rues achalandé), de reprendre mon téléphone et de poursuivre ma conversation téléphonique.  Je trouve ça un peu “nono”.  Et si je ne laisse pas de côté mon téléphone, ne serait-ce que temporairement, je trouve que je suis une nuisance et un danger publique.  La preuve, la majorité du temps où je me fais couper ou que quelqu’un roule hyper lentement, bref qu’il est dans mes jambes et qu’il me fait sacrer, le conducteur de cette dite voiture est avec un cellulaire dans la main en pleine conversation téléphonique.  Chaque fois, ça me fait sacrer encore plus!

Hier, je pense que j’ai vu le summum.  J’étais à un feu rouge et j’attendais pour tourner à gauche.  En face de moi, un assez gros camion attend pour tourner à droite.  Lorsque le feu passe au vert, je commence à m’engager lentement, en laissant passer le poids lourd avant moi puisqu’il est beaucoup plus gros que moi et que ça lui en prend plus large pour tourner.  Le chauffeur du camion manque son virage, doit reculer un peu pour pouvoir continuer son chemin.  En attendant, je suis bloquée ainsi qu’une autre voiture derrière moi.  Puisqu’à cette intersection, le feu vert ne dure pas longtemps, on va être dans les jambes de tout le monde dans quelques secondes.

Mais, lorsque le camionneur a reculé, quelle ne fut pas ma surprise de le voir avec un cellulaire dans sa main gauche!  Non, mais joualvert!  Déjà qu’un camion est plus difficile à faire tourner et qu’il en prend plus large ou beaucoup plus large pour le faire, déjà que le volant est peu plus gros que le mien, déjà que c’est encombrant, s’il faut qu’en plus, son chauffeur doit s’encombrer davantage d’un cellulaire dans la main, cela donne ce que j’ai vu hier.  Sans son cellulaire, il est certain qu’il n’aurait pas manqué son virage à moins d’être complètement pourri au volant.  Même si le camion était un peu gros, il ne l’était pas assez pour manquer un virage de cette sorte… à moins d’avoir la tête et les mains occupés à autre chose…



et cetera