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La réforme passe mal à Laval, c’est un titre d’article paru dans La Presse de jeudi, le 23 janvier, écrit par Isabelle Hachey.  Je vous le copie ici tout en le commentant en espérant que quelqu’un (n’ayant aucun lien avec l’éducation au Québec puisque nous, ils ne nous écoutent pas) se lève et dise haut et fort que là ça va faire!

La réforme scolaire passe mal à Laval (pas seulement à Laval, mais partout au Québec!)

Plus de la moitié des enseignants de Laval sont insatisfaits au travail, et la plupart blâment la réforme scolaire pour leurs malheurs. En outre, pas moins de 75 % des enseignants souffrent de l’intégration massive d’élèves en difficulté dans leurs classes, selon une étude dont les résultats préliminaires seront dévoilés aujourd’hui, au colloque annuel du Syndicat de l’enseignement de la région de Laval.  (J’aimerais bien que cette étude soit étendue sur l’ensemble du territoire du ministère de l’éducation et en voir les résultats.)

« Les enseignants ne sont pas des orthopédagogues, ils n’ont pas les outils pour accompagner les enfants en difficulté dans leur cheminement académique », explique Nathalie Houlfort, chercheuse à l’ENAP et auteure de l’étude. Elle a sondé 250 enseignants. « Ils se plaignent d’avoir plus de gestion de classes à faire que d’enseignement. Et ils regrettent que les élèves réguliers soient pénalisés parce que leur temps et leur énergie sont consacrés au cas les plus difficiles. » (Non seulement je n’ai pas les compétences d’un orthopédagogue, je n’ai pas son salaire non plus!..)

Depuis l’implantation de la réforme, le nombre d’élèves handicapés ou en difficulté intégrés en classes régulières n’a cessé d’augmenter, passant de 67 982 en 2001-2002 à 93 293 en 2006-2007. Mais les ressources n’ont pas suivi, dénoncent les syndicats d’enseignement de la province, qui réclament le maintien des classes spéciales, ou du moins des limites à l’intégration « sauvage » des élèves en difficulté. Le ministère de l’Éducation mène présentement des consultations à ce sujet.  (Je n’en reviens tout simplement pas.  Près de 30000 élèves en difficulté  de plus en cinq ans.  Et là, on ne compte que ceux qui ont été diagnostiqués et cotés.)

L’intégration massive de ces élèves « est la principale source d’insatisfaction au travail des enseignants, parce que ça affecte leur sentiment de compétence, dit Mme Houlfort. Ils se remettent en question parce qu’ils n’arrivent pas à faire avancer les élèves ayant de graves troubles d’apprentissage ou de comportement. Cela a un gros impact sur leur moral ».  (Oui, c’est notre plus grande frustration, mais pas très loin, il y a la réforme qui a empêché que des élèves doublent en 1ère, 3è et 5è année.  Cela a eu pour conséquences d’aggraver les problèmes d’apprentissage de plusieurs enfants.  Et même en 2è et 4è année, on ne les fait doubler que très rarement.  Pourquoi?  Eh bien, si on n’est pas certain de notre choix, on risque d’envoyer un enfant en cheminement continu, donc un avenir moins prometteur, alors qu’il aurait pu faire plus.)

Les 250 enseignants sondés avaient tous, sans exception, au moins un commentaire négatif à faire au sujet de la réforme scolaire, implantée en 2000. «On peut dire que la réforme est une source assez importante d’insatisfaction », constate la chercheuse. « On a l’impression qu’elle a été un peu précipitée, que les fonctionnaires qui étaient responsables de sa mise en œuvre n’étaient pas prêts. On dirait qu’ils ne savent pas trop où ils s’en vont, ça crée une grande zone grise dans laquelle les enseignants doivent naviguer, sans trop savoir eux-mêmes ce qu’on attend d’eux. »  (Je suis surprise que certains enseignants n’aient qu’un commentaire négatif à faire sur la réforme scolaire.)

Cette incertitude affecte le moral des troupes. Pas moins de 21 % des enseignants lavallois disent avoir une santé mentale moyenne ou mauvaise, comparativement à 8 % dans la population en général. « Cela démontre qu’il faut aussi se préoccuper de nos enseignants, pas seulement de leurs élèves, dit Mme Houlfort. On doit les écouter, parce que sinon, on va les perdre. »  (Bon nombre d’enseignants ont précipité leur retraite, d’autres ont abandonné la profession, d’autres se demandent s’ils vont pouvoir tenir encore longtemps.  Je pense que peu croient pouvoir tenir jusqu’à leur retraite, assez lointaine, si rien ne change pour le mieux.)

Et là, on ne parle que des enseignants.  Imaginez les enfants qui sont obligés de vivre dans cette pénible situation.  Je vois régulièrement des classes qui n’ont aucun bon sens.  Mais dans ces classes, il y a des enfants qui veulent apprendre et progresser.  Bien souvent, sinon tout le temps, ils ont droit à un enseignement bien médiocre puisque leur enseignant est occupé à gérer des conflits ou à aider des élèves qui ont trop de difficultés.  Cela ralentit tout le groupe.  Et même l’élève en difficulté ne peut avoir toute l’aide dont il a besoin puisque l’enseignant n’a pas été formé pour ce type de problématique.

S’il vous plaît, est-ce que quelqu’un peut venir en aide à ces enfants, leurs parents et leurs enseignants qui se sentent de plus en plus prisonniers d’une réforme que les dirigeants ne veulent abandonner pour sauvegarder l’idée qu’ils n’ont pas fait d’erreurs?  Pourtant, d’autres pays européens  ont essayé cette façon de faire et ils l’ont jetée aux poubelles. 

S.O.S.!  Aidez-nous quelqu’un!!!



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